Des bateaux dans le désert

Publié le 01/02/2016

mer d'aral

Deux bateaux posés dans le désert...

C'est quoi, ça?!!

C'est le symbole presque surréaliste d'un véritable désastre écologique: le quasi-assèchement de la Mer d'Aral.

Située en Asie Centrale et partagée entre le Kazakhstan et l'Ouzbékistan, la mer d'Aral, en réalité un lac salé, était, jusqu'au milieu du vingtième siècle, le quatrième lac le plus grand au monde. Sa surface de 67 300 km² représentait plus des deux tiers de celle du Portugal ou plus de deux fois celle de la Belgique. Ses eaux poissonneuses faisaient vivre une population nombreuse installée sur ses rives.

Les fleuves Amou-Daria et Syr-Daria alimentaient ce lac sans exutoire et maintenaient depuis toujours l'équilibre naturel entre évaporation et apports en eau.

Au début des années 20, l'Union Soviétique entreprend de transformer les vastes steppes arides d'Asie Centrale en immenses champs de coton et de blé. Le coton demande de grandes quantités d'eau: il s'agissait donc d'irriguer abondamment le désert, et c'est ce qui fut fait par le creusement de milliers de kilomètres de canaux d'irrigation prélevant les eaux des fleuves Amou-Daria et Syr-Daria en amont de la Mer d'Aral.

Dans les années 60, de nouveaux canaux furent créés afin d'augmenter les volumes d'irrigation et donc de production, provoquant alors un brutal assèchement du lac: en 1970, la Mer d'Aral avait déjà perdu les 9/10eme de sa surface! Dans ce qu'il en restait, le taux de salinité était tellement élevé ( 10 fois sa teneur normale) qu'aucun poisson ne pouvait désormais y survivre.

mer d'aral image satellite

De plus, les eaux de ruissellement, chargées d'énormes quantités de pesticides utilisés dans la culture du coton aux alentours, se sont accumulées au fond du bassin, laissant, après évaporation, des dépôts toxiques, dont certains connus pour être cancérigènes, que les vents tourbillonnants et les tempêtes de sable dispersent à des kilomètres, contaminant les populations avoisinantes. Dans cette région, le taux de mortalité infantile est l'un des plus élevés au monde, le nombre de cas de cancer est en progression constante.

Aujourd'hui (2016), en Ouzbékistan, la superficie des terres consacrées au coton est de 1,5 millions d'hectares irrigués par près de 170 000 kilomètres de canaux. L'Ouzbékistan est le cinquième producteur mondial. Malgré la réprobation internationale, on y recourt toujours, en période de récolte du coton, au travail forcé des fonctionnaires, des étudiants, et même des enfants.

L'assèchement de la Mer d'Aral est évidemment un cas limite. Il met cependant en lumière certaines pratiques liées à la culture conventionnelle du coton, et leurs possibles conséquences:

  • utilisation inconsidérée des ressources en eau
  • utilisation massive des pesticides
  • non-respect de l'homme

Nous verrons dans les prochains articles combien les pratiques culturales du coton bio en diffèrent.

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